Moha,

son histoire

Au fil de son parcours, il sera amené à expérimenter de nombreuses facettes du métier de photographe. Ainsi, après avoir quitté le Jura pour monter sur Paris où il commence par traîner avec un appareil photo toujours en bandoulière, il saisit des scènes de rue sur le vif, au hasard des situations, là où le portent ses déambulations. Observateur attentif, ses premiers clichés sont comme un journal.

Années 90' - Le début

Les rencontres décisives

Moha - Artiste photo professionnel Montreuil
Mohamed Hamdaoui - Artiste photo

Le destin veut qu’il rencontre un des fondateurs de Photo magazine ! Une rencontre décisive, on s’en doute, qui lui permettra dans un premier temps d’être plus posé, si l’on ose dire, dans sa démarche et sa manière de prendre des photos. C’est aussi le déclencheur, toujours si l’on ose dire, pour une reconnaissance d’un travail, ou plutôt d’un apprentissage aussi, qui passe par le terrain et l’humain, et non par des cours académiques.

Au contact de ce mentor et de nombreux photographes professionnels, Moha apprend plus vite et plus sûrement que dans une école dont les règles et méthodes ne conviennent pas à son esprit d’indépendance, à sa conception de la photo. Passionné, il fonctionne et se perfectionne à “l’affect”, en étant “cash” dans ses relations et sans retenue dans son envie d’expérimenter. C’est précisément ce feeling qui plaît à ses mentors.

Autre rencontre déterminante, celle avec Ferjeux van der Stigghel. Ce photographe renommé aux activités multiples lui montre des photos prises en Amérique du Sud. Moha y trouve tout ce qui l’intéresse dans un cliché (cadre, compo, lumière, etc.) et le conforte dans sa voie. Un jour de 1986, il se retrouve en sa compagnie pour une série de photos qui doit jouer sur les ombres, mais ils croisent entre Saint-Michel et Saint Germain les sinistres voltigeurs matraquant les étudiants qui manifestaient alors contre la loi Devaquet. Entre deux coup de bâtons, Moha saisi au vol les matraqueurs dans leur mouvement. C’est son premier cliché du genre, et il vaut largement celui qu’aurait pu prendre un professionnel.

 

Cette pratique, qui mêle le réalisme du témoignage social à l’esthétisme photographique, Moha la prolongera plus tard, avec des photos prises dans le métro ou des friches urbaines, par exemple. Il photographie aussi les travellers et leurs campements. Puis Moha voyagera à son tour en Asie, prolongeant ainsi son apprentissage personnel en affirmant son style. Sans perde de vue la question sociale, les scènes de la vie quotidienne et ses soubresauts… Ainsi, plus tard encore, lorsque Moha habite à Sartrouville, en banlieue nord-ouest de Paris, il est aux premières loges pour couvrir les émeutes dans les cités. Seul photographe sur place, il mitraille pendant 2 jours. De retour chez lui, il développe ses tirages dans le labo qu’il s’est construit. Quelques unes seront publiées dans la presse. Certaines seront utilisées par la police pour identifier les “petits agités”. Ce souvenir lui laisse un goût amer et lui sert de leçon pour la suite.

À l’époque, pas d’appareil numérique. Moha prend goût au rituel technique associé à l’argentique. En autodidacte accompli et revendiqué, il fait de la photographie son moyen d’expression […]

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